100 facettes... sans façons!

Combien de personnalité(s) peut-on avoir? Drôleries et coups de gueule d’une femme-de-carrière-supermaman-bombe-à-ses-heures-tentativement-comique-qui-rêve-de-réussir-sa-vie-en-étant-heureuse…ou serait-ce le contraire? Une tentative-de-femme-de-carrière-qu

01 octobre 2007

Soulèvement, Insurrection, & autres synonymes

Comme les cours de la bourse, ils montent en flèche, puis ils se maintiennent… Ils descendent et oups! parfois ils se relèvent… mais c’est souvent pour mieux redescendre!

Jouant à la star d’Hollywood, ils se couvrent d’artifices en se faisant apprêter, parer, accoutrer, rajeunir.

Comme des comédiens en audition, ils sont examinés, scrutés, observés, envisagés, jugés, soupesés, jaugés, appréciés et détestés.

Comme de petits chiens obéissants, ils se laissent palper, flatter, bichonner, tâter, câliner, cajoler, dorloter.

Comme les fruits et les légumes dans l’étal d’un maraîcher, ils se font triturer, écraser, manipuler, effleurer, mâchouiller et même croquer!

Ils ont déjà été ridiculisés, raillés, persiflés, moqués.

Et pourtant, encore ils fascinent, charment, troublent, captivent, séduisent, corrompent, enthousiasment.

Ils ont longtemps été ma fierté.

Puis leur destinée est arrivée. Ce pourquoi ils étaient là, s’est accompli…

Et maintenant, telles des poupées inarticulées, ils ne sont malheureusement plus ce qu’ils étaient. Ils ressemblent à ces vieux crooners « hasbeen » qui ne peuvent retrouver leur coffre et leur verve d’antan et qui finissent par se flétrir de désespoir.

Oui, je dois l’avouer, j’ai bien pensé à les remplacer, à les échanger… J’ai même essayé de les éviter ou, à tout le moins, d’essayer de les transformer. Oui de les transformer en les poussant toujours un peu plus haut, juste un peu plus, afin qu’au moins je puisse retrouver cette image réconfortante d’antan, où ils marchaient fièrement, le nez en l’air, le dos bien droit.

Peut-être est-ce dû à leur anniversaire qui approche? Peut-être est-ce en souvenir de tous leurs amis, moins chanceux, qui ont été mutilés, excisés, amputés, estropiés? Peut-être est-ce dû à l’acceptation miséricordieuse de leur état? Peut-être… Mais une chose est sûre, aujourd’hui ils se sont révoltés! Aujourd’hui, ils ont décidé de s’assumer. Malgré les rides…Malgré le poids des années qui leur pèse… Malgré tout ce qui pourrait les faire fléchir…

Aujourd’hui, ils ont décidé qu’eux aussi avaient le droit de voir leur petite vie morne de bureau à travers les rubans et la dentelle.

Car aujourd’hui, pour la première fois depuis nombre d’années, ils n’ont pas été littéralement kidnappés, rembourrés, capitonnés, matelassés puis insérés sous mon chemisier BCBG-Uniforme-de-jeune-professionnelle-dans-la-trentaine.

Non, grâce aux Français et à leur maîtrise de l’art du dessous, ils ont enfin pu se montrer sous leur (presque) vrai jour…

Mes chères concitoyennes, mes sœurs, mes amies; j’en appelle à

la Seinsurrection

!

Ceci est un véritable cri du cœur afin que vous bannissiez de votre langage les mots « Push-up », « WonderBra@3clicks » et « Cleavage » (tous des mots en anglais de toute façon!)

À bas les coussinets, le gel, l’air, l’eau, le bistouri et que sais-je encore? Non mais c’est vrai! On va finir par se faire poursuivre pour fausse représentation!

Après tout, c’est le mois pour y penser, c’est le mois pour en parler… C’est peut-être aussi le bon mois pour commencer à s’accepter?

P.S. Merci à mes supporters, ils se reconnaîtront… (Même s’ils ne se parlent plus depuis quelques années et qu’ils regardent chacun de leur coté, force m’est d’admettre que je vais finir par les aimer de nouveau, ces vieux bougons!)

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24 septembre 2007

Vieillir dans le tiroir du bas avec la balance

Vieillir

C’est un fait, nous vieillissons. Je vieillis, vous vieillissez, nous vieillissons (merci Bescherelle !).

Jour après jour, plus de cheveux blancs, plus de rides.

Tous un peu plus mous dans notre corps, un peu plus durs dans notre caractère.

Pour certains d’entre nous, vieillir représente une belle chose : gain de maturité,  plénitude et tranquillité accrue, diminution des soucis financiers (bon… ça…).

Pourtant, pour d’autres, vieillir représente une catastrophe : il leur semble que tout n’est que renoncements, limitations et deuils (petits et grands) à faire.

Pourquoi y-a-t-il deux façons si diamétralement opposée de vieillir? Est-ce que notre âge d’or représente la somme de ce que l’on a vécu? Mais surtout, de COMMENT on l’a vécu?

Prenons par exemple deux femmes de 70 ans :

La première, appelons-la Quiétude, fait partie de toutes les associations d’aînées qu’elle peut, elle sort, est coquette, est toujours heureuse, n’a pas vraiment peur de mourir car elle considère qu’elle a vécu sa vie pleinement, elle a quotidiennement le sentiment du devoir accompli. Elle grimace aux limitations que son corps lui fait subir mais en fait son lot et s’arrange. Ainsi, elle n’hésitera pas à se résoudre à utiliser un de ces énormes tricycles motorisés si ça peut lui permettre de continuer à aller au marché pour sentir les bonnes odeurs de fruits et légumes fraîchement cueillis… Elle sourit quand un beau jeune homme lui ouvre la porte car elle sait qu’elle peut encore plaire.

La deuxième, Affliction, essaie tant bien que mal de garder sa vie en place, telle qu’elle l’a toujours été, telle qu’elle l’a toujours connu. Elle ne veut pas que rien change parce qu’elle vieillit et s’enrage des ravages que les années qui passent lui imposent. Elle combat tous les maux à coups de visites chez le médecin, de médicaments, d’examens et en oublie de respirer! Elle n’accepte aucune forme d’aide car elle ne veut pas être renvoyée à son âge et aux limitations normales qui s’ensuivent. Elle s’assoit dehors pour regarder les saisons qui passent, mais tempêtant parce qu’elles passent trop vite. Le regard tourné vers l’avenir, qui est moins dégagé, elle tremble face au vide qui nous attend tous inexorablement.

Regardons maintenant deux jeunes femmes de 30 ans :

La première, Énergie, apprécie chaque moment qui passe, essaie de voir le chemin parcouru avec un petit sourire, regarde celui qui lui reste avec un gros sourire. Elle relève les défis professionnels et personnels qui jalonnent sa vie en se relevant les manches et en s’entourant de personnes qu’elle aime et qui le lui rendent bien.

La deuxième, Apparence, a déjà soumis certaines parties un peu moins fermes de son anatomie au bistouri, voit tous les événements qui parsèment son parcours comme des épreuves qui lui sont imposées par une force extérieure à elle et contre lesquelles elle doit se battre ou pire, qu’elle doit subir. Elle s’entoure de gens qui paraissent bien et qui la font bien paraître.

Dans mon livre d’étudiant, sur lequel je suis tombée récemment, à côté de ma face souriante à trois boutons surplombée de la traditionnelle toque de finissant, cette petite pensée écrite par un de mes amis philosophes (fumeux de pot sur les bords, j’en conviens) :

L’avenir ne t’appartient pas encore

Le passé n’est plus entre tes mains

Seul le présent est réel… Profites-en!

C’est trop triste de vieillir dans l’apparence et l’affliction. Moi, je décide de vivre avec énergie et quiétude. Jusqu’à preuve du contraire, nous n’avons qu’une vie à vivre… Profitons-en!

La balance et les tiroirs

Je sais, plusieurs d’entre vous m’ont écrit des petits mots me reprochant mon récent manque d’assiduité.

C’est de la faute à la balance et aux tiroirs.

Balance interne qui régule ma vie : Ma tête balance entre lire un bon livre ou écrire. Mon corps balance entre dormir ou écrire. Mon sexe balance entre aller me coucher près de mon homme ou écrire. Mon foie balance entre un 5 à 7 ou écrire. Mon cœur balance entre sauter dehors sur le trampoline ou écrire. J’ai juste eu la balance qui a penché un peu plus d’un côté pour un petit moment.

Puis, il y a aussi les tiroirs. Mon tiroir de maman de deux jeunes d’âge scolaire étant bien ouvert en ce moment, en même temps que celui de jeune professionnelle qui a une nouvelle job et vous comprendrez que d’aller fouiller dans le tiroir du bas afin de vous sortir mes vieilles paires de chaussettes mentales n’est pas très aisé en ce moment…

On se reparle bientôt… En attendant, allez faire le ménage de vos tiroirs!

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23 août 2007

Cœur de lou-oup!

Je suis une fille de gang. Je vous l’ai déjà dit, j’aime les sorties entre amis (et j’en abuse! – surtout pour une mouman – selon certains standards). J’ai de bon(ne)s ami(e)s, qui m’entourent bien. C’est une partie importante de ma vie, cela fait partie de ma nature profonde et je suis prête à sacrifier pas mal d’heures de sommeil seulement pour le plaisir de me retrouver avec eux.

J’adore ma famille (me semble que ça transparait) : j’organise régulièrement des soupers de frères et sœurs où toute la fratrie se retrouve chez moi, avec leurs conjoints, les enfants, quelques amis et on joue aux cartes, au Skip-Bo, au Toc (avec les bons règlements maison) et l’alcool coule à flot afin que tous puissent se la couler douce. Je me considère comme tricotée serrée avec mes frères et sœurs mais aussi avec mes parents, beaux-parents, mes oncles, tantes, cousins et cousines.

Je suis bien entourée aussi au travail. Je considère que je suis assez proche d’une bonne quantité de collègues (pas assez pour que je les invite chez moi afin qu’ils puissent répéter à tous combien la tuile de ma chambre à coucher est laide – hon! La vilaine superficielle! Et ooooui, vous avez bien lu, j’ai de la tuile dans ma chambre à coucher! – on en reparlera! Mais assez près d’eux pour pouvoir faire des bonnes jokes de pets ou écouter leurs confidences quand ils en sentent le besoin).

Même si je suis loin de me mêler de la vie de tout un chacun, j’ai jusqu’à avoir un certain niveau de relations avec mes voisins et voisines! Il y a la mère du meilleur ami du Farahtionnel, femme au foyer au cœur d’or qui est d’une grande aide quand les foutus camps de jour finissent 1 semaine avant la rentrée! Il y a aussi la grand-mère d’une petite amie de garderie du Facétieux. Puis la gentille voisine qui était dans mon cours d’aérobie et avec qui mon Farahbuleux zépoux covoiture. Ou encore les baby-boomers pour qui je ramasse le courrier quand ils sont en Floride. Sans oublier la nouvelle jeune maman qui a besoin d’être rassurée. Ou encore ce petit couple de la troisième maison dont l’homme… bref, vous avez compris!

Mais pourquoi autant de monde? Pourquoi ce besoin d’être si entourée? Hé bien je crois que le Darwinisme a plus ou moins « pris » sur moi et que j’ai encore de cet esprit de meute - caractéristique à certains mammifères - bien ancré!

Avant – dans l’ancien temps – c’était simple : la meute familiale était bien assez grande pour combler tous nos besoins de regroupement. Les familles de 10 n’étant pas rares, quand on rajoutait toute la parenté proche et éloignée, le bedeau Thibodault et la commère du village, notre réseau naturel était bien suffisant pour combler nos besoins de soutien, d’affection, d’information, de divertissement. (En plus, avec Pépère et/ou mémère qui habitaient à la maison, on avait accès à un service de garde complètement gratuit car ils pouvaient avoir un œil sur les enfants pendant qu’on « dérochait » les terres de la Beauce!)

Mais avec l’arrivée des familles de 2-3 enfants, avec les grands-parents baby-boomers qui n’ont pas (encore!) pris tous leur retraite (mais qu’est-ce qu’ils attendent?), avec un voisinage quasi-inexistant (paradoxalement, surtout en ville où l’on est cordés les uns sur les autres comme dans une boîte de sardines!), avec la disparition des églises et de leurs grenouilles de bénitiers si serrrrrviables, que reste-t-il de ce réseau d’aidants « naturels »?

  1. C’est bien simple, quand on y pense, je fais partie de la première génération de mères pour qui les enfants n’iront pas diner à la maison et/ou chez une gentille voisine. Mon fils a seulement 8 ans et il sait parfaitement comment fonctionne une cafétéria (personnellement, la première que j’ai vu c’est à mon entrée dans la grande école, en secondaire 2! Avant que j’aie de l’argent de poche pour me permettre de me payer le luxe d’une galette d’avoine et d’un jus Oasis Bananorange, il a fallu que j’attende une autre année!). Oui c’est positif car il sera beaucoup plus débrouillard mais en même temps, mon cœur se serre juste à l’imaginer en ligne, son cabaret vert-caca en main, attendant patiemment sa portion de patates-pilées en poudre. Ne manque que la chemise blanche et la cravate noire pour que cette image se transforme en évocation de ce à quoi ressembleront probablement tous ses lunches au sein de sa future entreprise.

  1. J’ai dû, à un certain moment donné, moi aussi me résigner à ce que ce soit d’autres personnes qui élèvent mes enfants: des femmes diplômées en techniques de garde qui connaissent toutes les étapes de développement d’un enfant sur le bout de leurs doigts mais qui sont, d’abord et avant tout, PAYÉES pour faire ce que moi je fais gratuitement et par amour. Des femmes la plupart du temps extraordinaires mais qui ne pourront jamais remplacer Mémère et sa soupe aux légumes maison, qui s’occupe de toute la marmaille avec des "paparmanes" plein les poches.

  1. Oui bien sûr, pour la plupart des jeunes (!) de ma génération, nos mamans travaillaient. Mais nos mamans n’avaient pas le même type de pression que nous avons. Bien sûr, elles avaient celle (encore présente, n’en déplaise à nos utopistes dirigeants) de se faire une place dans un marché du travail encore très réticent à l’arrivée des femmes mais pendant qu’elles se battaient au travail, elles n’avaient pas en plus à se soucier de où nous étions : les voisines qui ne travaillaient pas étaient là pour jeter un œil sur nous, les enfants-clé-dans-le-cou! Grand-maman nous avait préparé des bananes à split pour dessert. Aucun maniaque ne venait nous demander de l’aider à retrouver son chien. Nos mamans pouvaient donc, lorsqu’elles étaient au boulot, se concentrer sur leur bataille sans craindre d’avoir la DPJ et l’opinion publique aux fesses parce que leurs marmots sont laissés à eux-mêmes une petite heure au retour de l’école. Elles pouvaient aussi arriver plus tard que 18h03 sans retrouver leur petit tout habillé, les attendant sur le bord de la porte, avec une facture de 15$ (3 minutes x 5$ la minute) accroché au revers de son manteau. Les bonnes vieilles gardiennes / mamies / tanties nous installaient avec un verre de lait et une beurrée de beurre d’arachides devant Passe-Partout pour nous faire patientier, pas devant une porte vitrée en regardant impatiemment leurs montre et en soupirant parce leur « shift » est terminé!

Toutes ces nouvelles réalités, cet effritement du réseau naturel, jumelé avec la baisse de natalité, font en sorte que certaines jeunes familles vivent dans un isolement assez inédit dans l’histoire de l’humanité. En Amérique du Nord (contrairement à certains pays – les pays plus "latins" notamment), les enfants n’appartiennent pas à la communauté. Ils sont la propriété totale et exclusive de leurs parents. S’ensuit donc un désengagement collectif face à la réalité des autres (notamment des familles).

J’ai personnellement, ayant eu mes enfant à un âge assez ferme (lire : tendre / jeune – dans mon cas c’était, ce ne l’est malheureusement plus, synonyme) eu à vivre cet ostracisme silencieux et pernicieux envers les jeunes familles à quelques reprises. Combien d’amis j’ai perdu parce que j’étais souvent accompagnée d’un magnifique marmot vagissant et bavant alors qu’avant, « dans le bon vieux temps »  il était normal que les enfants de tous un chacun courent partout… Au fil des années, les « autres » m’ont heureusement « rattrapé » et nos rencontres bourdonnent non plus du son tonitruant de la musique mais de l’écho des cris de notre progéniture se disputant une endiablée partie de soccer… Si les premières années en ont été d’adaptation et de solitude parfois difficile à avaler, nous sommes maintenant heureusement sorti de cet isolement dans lequel nous avions un peu été poussé à nous réfugier. Npus avons enfin trouvé nos "semblables"

Ce que les enfants, les parents, et j’irais même jusqu’à dire, ce que tous les gens sains d’esprit qui en ont assez de cette vie de fous ont besoin, c’est que nous nous engagions un peu plus les uns envers les autres. Mon plaidoyer, vous l’aurez j’espère compris, n’est pas que pour les jeunes familles. C’est un appel à la reconnaissance que tous, collègues, voisins, famille, nous faisons tous partie de la même meute et que sans cet engagement, nous allons contre notre nature profonde de mammifères et tournons lentement mais sûrement en une espèce nouvelle de végétaux, qui à force de pousser seuls, s’étiolent et se pâlissent.

Rendons-nous donc un peu plus service, allons vers les autres avec un peu plus de confiance et c’est réellement ainsi que nous pourrons améliorer la société dans laquelle nous vivons (et non pas à coup de réseaux de garderies à contribution réduite!)

Dans cinq jours c’est la pleine lune, alors unissez vos plus beaux hurlements aux miens et affirmons haut et fort que nous faisons encore partie d’une meute, celles des parents et adultes engagés... envers les autres êtres humains…

Ahhhhoooooouuuuuu!!!!!!

Posté par Farah_Facettes à 21:53 - 101 banalités - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 août 2007

Oh mon deuil !

Ça fait maintenant 12 jours que je suis revenue de vacances…

12 jours que je regarde mon ordinateur, me demandant ce qu’il me veut…

12 jours que je me dis qu’il faudrait bien… que je dois absolument… qu’il faut que…

12 jours que je doute en être encore capable, que je suis convaincue que le blanc de l’écran ne pourra plus se couvrir de lettres, de mots, de phrases, de paragraphes…

Écrivaine ratée, j’avais une simili-angoisse de la page blanche… Je ne voulais pas en parler car je craignais d’avoir l’air de me plaindre ou de rechercher les compliments / encouragements mais ce fût plus fort que moi : pour exorciser ce petit démon et comme la perspective de ressembler à Regan MacNeil et de me mettre à hurler à pleins poumons : « J’sais pu quoi dire, j’sais pu quoi diiiiiiire » tout en ayant la tête qui me tourne à 360 degrés me plaisait plus ou moins (surtout parce que le chiro, c’est cher et que c’est juste couvert à 80% par mes assurances collectives!) il a bien fallu que je prenne mon clavier à deux mains et que je lui montre, à ce démon de la farniente littéraire (on se prend pas pour de la marde!) qu’il ne m’aura pas!

Et comme si ce n’était pas assez, ma merveilleuse amie Djou m’a mentionné que je devrais, afin de rehausser un peu le niveau de mon merveilleux défouloir, agrémenter mes billets de quelques propos un peu plus éditoriaux. Meeeerde! Je ne lui ai surtout pas avoué mais c’est bien ce que je me dis (très souvent) moi aussi… Ce qui est dommage, c’est que comme j’ai une opinion sur tout, je ne sais absolument pas par quoi commencer. Re-stress…

Me revoici donc, encore hagarde, balbutiante, hésitante, confuse, les mains tremblantes, avec aucune idée de quoi je vais bien pouvoir vous entretenir.

Pourtant, ces quelquessssss jours de repos ont été fertiles en événements et émotions de toute sorte :

1- J’ai  célébré (!) les 30 ans de la mort du King en sortant mon kit à paillettes et en mangeant un gros T-Bone bien épais (le steak n’a pas vraiment rapport mais je m’imagine toujours Elvis, dans ses dernières années, attablé devant un ÉNORME morceau de bœuf texan, le menton reluisant de gras animal).

J’aime sentir que je fais partie d’une secte, celle des Adorateurs d’un Chanteur Populaire il y a 5 Décennies Maintenant Décédé (au moins, il véhiculait de belles valeurs lui, pas comme ce drogué de Kurt Cobain!). Je trouve ça vraiment sain d’aller, en compagnie de quelques 75 000 autres personnes partager mon deuil en me stationnant devant les grilles de la « maison de la grâce ». Fi de me contenter de seulement écouter ses disques et d’en parler / d’y penser pendant un jour ou deux! Voyons donc, c’est du KING qu’on parle ici! Il faisait tout en grand, alors nous aussi!

Je ne peux vous dire à quel point je me suis vraiment sentie en communion avec « Tom Vigil, 42 ans, originaire de Denver [qui] était bien décidé à ne pas laisser la chaleur contrarier ses plans, même avec un morceau de poumon en moins à cause d'une récente opération chirurgicale. [En effet], vêtu d'un costume noir à la Elvis, Vigil tirait derrière lui un réservoir à oxygène relié à un tube respiratoire fixé sur son nez. » Un sacré bon gars ce Vigil! Un vrai adorateur! Et les mauvaises langues qui disent que son oxygène lui a monté au cerveau, et bien je peux vous dire que, pour y en avoir moi-même « emprunté » quelques bouffées, à part quelques étourdissements et une ou deux hallucinations (imaginez-vous donc que je crois avoir vu 40 millions de dollars tomber dans les coffres de Memphis… franchement! Qui dépenserait autant d’argent pour partager un deuil d’une personne qu’il ne connaît pas alors que des enfants meurent de faim chaque jour?), les effets secondaires de l’oxygène à 40 degrés celcius sont presque nuls!

2- Je me prépare à souligner (_ _) le dixième anniversaire de la mort – atroce -, (on dit toujours ça quand c’est une mort par accident, non?) de la mort de Lady Di en me faisant teindre en blonde platine (à la place de mon blond jaune) et en changeant mon sourire PepsoDent-bien-trop-fendu-jusqu’aux-oreilles par un petit sourire gêné, tête légèrement penchée vers la gauche.

Que voulez-vous, j’ai toujours voulu être une princesse, et c’est la seule (en vrai – Blanche-Neige est tellement « out » avec sa jupe beige bien trop longue pour la saison) que je connaisse. Faut bien que je me moule à mon modèle. Je me souviens encore qu’à son décès, je fainéantais sur les bancs de l’université en compagnie d’autres sociologues en herbe et qu’une de nos profs nous avait fait toute une analyse sur le « phénomène entourant la mort - et la glorification - de Lady Di en tant qu’acte sociétal».

Pfff… quelle sotte cette titulaire! Voyons donc, Lady Di, c’était pas un « phénomène », c’était une prin-ces-sssee bon! Pis une princesse, on se doit d’aduler ça, de vénérer ça, de scruter ses moindres faits et gestes parce que ça nous indique la bonne chose à faire! C’est pas une glorification qu’elle mérite, c’est une béatification!

Des modèles de femmes comme ça, on en a plus! Essayez donc de garder le pli de votre pantalon-safari beige intact et votre blouse blanche immaculée quand pleins de petits crasseux veulent vous serrer la main... Y’a pas une doctoresse de médecins sans frontières qui y arrive! Ça non monsieur! Bien elle, notre princesse du peuple, elle en était CA-PA-BLLEEE…

Je prévois donc encore une fois aller souligner l’anniversaire de sa mort en allant à Buckingham avec les toutes les Anglaises d’Angleterre, afin de revivre (et revivre, et revivre, et revivre – on passera en boucle sur CNN) mon deuil en collectivité, afin de bien pouvoir crier mon désespoir à la face de toutes les grilles de tous les palais où ses merveilleux yeux de biche se sont posé. Non, je ne resterai pas chez moi, à faire un don discret aux victimes du SIDA, voyons donc! Je prendrai plutôt le plus gros bouquet que le fleuriste du coin pourra me fournir et j’irai le déposer, avec des milliers d’autres bouquets, sur un trottoir londonien, duquel on aura évidemment fait disparaître toute trace de crottes de Yorkshire.

Morale : À mon décès, ne restez pas dignes, ne vivez pas votre chagrin chacun dans votre coin. Organisez un téléthon, avec des clowns, des ballons, des brailleuses italiennes, car au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, les deuils ça se passe maintenant à la télé!

________________________________________________________________________________________

P.S. J’ai aussi constaté le décès du blog de Caroline et honnêtement, j’ai eu la larme à l’œil… Je sais, je ne connais pas Caroline (enfin, pas plus que n’importe lequel de ses lecteurs moyens) mais le fait de ne plus pouvoir lire ses petites pensées quotidiennes m’a fait le même effet que quand on finit un bon livre : c’est comme un petit deuil à faire, on voudrait retourner en arrière et revivre le plaisir de lire cette bonne histoire pour la première fois, en ignorant cette fin un peu triste… Mais comme je ne suis pas encore assez célèbre pour partager mes larmes sur LCN, (la chaîne d’information en continue), je vous les lance quand même en pleine face, à travers votre écran personnel… Non mais…

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27 juillet 2007

The SFAR AHgled Banner

DrapeauUSFarah

Oh, say, you won’t see me,
For the next seven days

Caus’ I’m going to beeeeeee…
In the Big Mac Kingdom!

(ici prendre une voix suraiguë)
Are you going to miss meeeee?,
As much as will miss yooou???

Meanwhile, the archives
are still there to please yooouu…

Oh, say, I’m gone for now
But soon we will talk agaaaainn….

O'er the land of Faraaaahhhh
and the ho-home of the freaaaaaaaks!

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26 juillet 2007

Éduquons nos aînés!

Je dois le dire, j’aime les aînés.

Je trouve qu’ils sont vraiment fantastiques d’avoir réussit à passer à travers le dernier siècle (ou presque!) sans complètement devenir (tous) gagas!

Mon grand-père maternel, un pur beauceron, fils de colon, patenteux & raconteur hors-pair me confiait pourtant un jour qu’il était très content d’avoir vu le jour à cette période-ci de l’humanité : Quand il était jeune, l’électricité était encore quelque chose de complètement magique et la seule vue d’une ampoule nue, pendant tristement au plafond de leur cabane en bois rond les rendaient surexcités pour des jours! Il se disait chanceux d’avoir vu l’arrivée de la télévision (il a vendu à l’époque sa seule vache, et ce, sans consulter ma grand-mère afin de pouvoir s’en acheter une!), de l’électronique, des hommes sur la lune, d’Internet, des voitures… pour un petit gars qui devait marcher 3 milles à pieds pour aller à l’école (son bureau sur le dos, pieds-nus dans la sloche, ha!ha!ha!), il se considère privilégié d’avoir pu être témoin de ce qu’il appelle « une viarge de belle évolution ».

Mes deux grands-mères sont des femmes très avant-gardistes, qui ont toujours travaillé pour « gagner leur vie » tout en élevant des familles de 6-8 enfants. Des forces de la nature qui ont su rester indépendantes, à une époque où les femmes dépendaient financièrement (et légalement!) de leurs maris.

Ma grand-mère paternelle a « magasiné » avant de choisir mon grand-père, un beau brun au yeux bleus et ne s’est marié qu’à 25 ans, seulement quand elle a été bien certaine de son choix (et non, ce n’était pas un pichou ma grand-maman! Cheveux blonds, yeux bleus, racking énorme, rebondi et 100 % naturel, taille fine – elle a dû en briser des cœurs!). Elle conduit, à 83 ans, sa voiture à plus de 130 kilomètres/heure et n’a pas peur d’envoyer promener son homme quand il triche aux cartes!

Ma grand-mère maternelle, quant à elle,gigue avec moi à toute les fois que je vais la voir. Elle me soulève dans ses bras minces et forts pour me montrer combien elle m’aime, elle me prend encore sur ses genoux pour me bercer au coin du poêle à bois (je sais, je sais, j’ai trente et un ans mais si vous saviez comme c’est rassurant de pouvoir encore mettre mon visage dans son cou si doux et de retrouver, l’espace d’un instant, cette béatitude de l’enfance…). Elle fait minimum 5 km de vélo ou de marche tous les jours, été comme hiver, et reçoit encore ses petits-enfants et ses enfants en cuisinant 4 plats différents et tous leurs accompagnements pour être sûre qu’il y en aura pour tous les goûts!

Mon grand-père paternel quant à lui, scrute tout de ses beaux yeux bleu-acier. Il aime les belles voitures, les bons restaurants, la pétanque, jouer tricher aux cartes (solidarité féminine!), l’inspecteur Columbo et il est, comme les 3 autres, tellement jeune de cœur et ancré dans la réalité, comme en fait foi cette anecdote :

J’ai 16 ans, je mets la dernière main à mes préparatifs en vue d’un « trip de camping » avec mon copain et deux amis. Mon grand-père, en visite chez mes parents, me regarde et me demande « Le gars avec qui tu t’en vas, c’est ton cavalier (« chum » en langage de GrandPoupa@Facettes) ou bedon c’est un « ami d’aujourd’hui? » (« fuck friend » en langage de Pepa@Facettes)… » Déjà, qu’il soit au courant pour les « amis d’aujourd’hui », et qu’il approuve en plus, si j’en crois son sourire en coin et ses yeux taquins, ça me scie littéralement. Mais quand je lui réponds que c’est mon « chum steady » tout en glissant un énorme roman dans mon sac et qu’il me rétorque : « Ouin ben à te voir amener de la grosse lecture de même, il doit être bien ennuyant ton cavalier… s’il sait pas quoi faire avec toi dans le bois pour te changer les idées à place de lire, j’ai idée que t’aurais mieux fait d’inviter un ami d’aujourd’hui! ». Alors là, je suis restée sans mots.

Et pour la petite histoire, j’ai réussi à finir Les Trois Mousquetaires de Dumas (795 pages) ce week-end là… Le lundi suivant j’étais, suivant la sagesse de mon grand-père, à nouveau célibataire!

De plus, lorsque j’étais étudiante, en ces jours où j’étais jeune, insouciante et encore ferme, je travaillais dans un centre d’accueil pour personnes âgées. Ce qui m’a permis d’augmenter encore ma connaissance de celles-ci.

J’ai plein de beaux souvenirs de ce contact privilégié avec ces aînés « institutionnalisés »:

  • Les mamies avec leurs paparmanes roses comme leurs joues roses et ridées.

  • Les papys, avec leurs harmonicas usés, leurs blagues salées et leurs clins d’œils affectueux

  • Les « partys » dans la salle communautaire, transformée pour l’occasion en véritable stationnement de chaises roulantes où j’ai pu apprendre en entier (avec la prononciation des « R » bien roulés) ce classique de la chanson française : Frrrroufrrrrou! Frrrroufrrrrou… en son jupon la fâââââmme…

  • Les parties de jambes en l’air rapides avec le Farahbuleux Zépoux (on travaillait ensemble à l’époque, c’est d’ailleurs là qu’on s’est connu!) dans la réserve du service alimentaire (hein? Oups? On était pas supposé? Ce souvenir n’a pas rapport avec les aînés? C’était interdit? Bof… on doit pas être les premiers, si j’en crois les pages centrales du journal de Mourial, à avoir étés payés pour fricotter!)

Vous constatez donc que j’ai été, et que je suis encore, extrêmement gâtée en terme d’aînés dans mon entourage. Non seulement bénie des dieux d’avoir encore mes 4 grands-parents en santé avec moi à l’âge de 31 ans, mais chanceuse d’avoir pût avoir pleins de discussions intéressantes avec des gens qui ont l’expérience et la sagesse que seul peut apporter le poids des années.

Mais voilà… il y a un hic… C’est que d’avoir travaillé dans un centre d’accueil pendant si longtemps m’a donné un regard d’aigle pour déceler les personnes âgées haïssables. Vous savez, ces vieux croûtons (et croûtonnes) qui ne font que chialer contre tout, qui se croient tout permis parce qu’ils sont vieux et qui, par le fait même, oublient toute la rubrique « politesse de base » de leur livre sur « la vie en société ». Ils portent normalement des indices qui montre bien qu’ils ont sûrement étés comme cela une bonne partie de la vie : Rides des commissures des lèvres très marquées et descendantes vers le bas, pli entre les sourcils si linéaire et si creux qu’on pourrait y glisser une carte de bingo et finalement, index qui pointent dans toutes les directions (sauf dans la leur, naturellement!).

Mais voilà encore… il y a un deuxième hic… C’est que je me suis donné pour mission (ne me demandez pas pourquoi! Il y a des choses comme ça dans la vie qui me font plaisir et que je ne questionne plus…) d’éduquer ces vieux schnoques! De leur rendre, tout en restant toujours extrêmement polie, un peu de la réalité qu’ils nous font subir.

1ere mission (il y a 10 ans, Montréal) : Au dit centre d’accueil, en plus du Farahbuleux-Zépoux, il y avait aussi ma chère Soeurette@Facettes qui y travaillait comme préposée aux bénéficiaires. Un jour, en rentrant du boulot, elle me raconte, encore ébranlée, que Madame Tessier, l’affreuse pensionnaire/tortionnaire du 465B a été très impolie quand Soeurette a voulu l’aider à manger et qu’elle lui a dit des méchancetés très blessantes. Je ne vais pas les répéter mais dites-vous qu’Eminem dans ses chansons sonne comme un enfant de cœur en comparaison! Dès le lendemain, alors que je devais changer, en tant que préposée à l’entretien ménager, toutes les poubelles de toutes les chambres (dont certaines avec des fluides corporels peu alléchants, laissez-moi vous le dire!), je m’approchai du 465B avec un air de défi : qu’elle ose voir, qu’elle ose juste me dire des saloperies comme celles qu’elle a servi à ma Soeurette adorée!

Farah-Facettes (débitant sa petite phrase habituelle, avec un grand sourire) : « Bonjour Madame Tessier, ça va bien aujourd’hui? »

Madame Tessier : « Bon! C’est qui celle-là encore? »

Farah-Facettes (sourire de carnassier) : « Je viens changer votre poubelle! »

Madame Tessier : « Ok, faque-toi dans vie, tu ramasses des vidanges pis t’as le culot de te promener, les jeans sur le cul, avec un osti d’air d’aimer ça en plus? Moi si j’avais eu une fille pis qu’elle avait ramassé des vidanges pour gagner sa vie, j’y aurais craché dans la face avec ce que j’ai sur le fond des poumons »

À ce moment là, je l’ai regardé bien en face et la seule chose que j’ai vu dans ses yeux c’était de la méchanceté pure, du dédain – Elle avait littéralement l’air d’un genre d’Hitler en marchette et ses rides d’expression haineuses m’ont confortées dans ma décision :

Farah Facettes (avec un air de pitié et de compassion dégoulinant, Cheesy au maximum) : « Hoon… pauvre vous… Que vous avez donc dû être malheureuse et puis toute seule dans la vie à être méchante de même. Non mais, je comprends que dans votre cas, c’est sûrement la solitude qui vous a rendue aussi amère – c’est dur être seule, surtout quand c’est nous-même qui l’avons provoquée… (puis, avec un énorme sourire). Bien je vais vous souhaiter une belle journée quand même, j’imagine que vous allez vraiment en avoir plus de besoin que moi! »

Madame Tessier s’est excusée à ma sœur lors de son arrivée pour son quart de soir et ses bonnes résolutions ont tenu 18 heures. Elle a été polie, elle n’a pas insulté personne. (Vous me direz que 18 heures, ce n’est pas beaucoup mais cela veut dire 3 préposées, 2 infirmières, 1 moppeux, 1 vidangeuse et 20 colocataires qui n’ont pas eu à endurer ses sarcasmes pendant 1080 minutes. Si on multiplie par le nombre de personnes, ça fait donc 29160 minutes de bonheur gratis pour 20 secondes d’acte héroïque…)

2ème mission (il y a un an, Montréal) : Je suis à la file, dans une station de service. Ça fait environ 12 minutes que j’attends qu’une pompe se libère… Il fait chaud, pas une auto ne semble avoir l’air climatisé, il y a de la tension dans l’air, comme quand un orage électrique se prépare. Alors que la voiture devant moi dégage le chemin et que je commence à m’avancer pour enfin nourrir le Bazou@Facettes de sa ration hebdomadaire de gasoline, un gros Cadillac court-circuite la fille en faisant un virage à gauche interdit et vient prendre ma place à la pompe qui venait enfin de se libérer. Ce faisant, il bloque aussi l’autre pompe à l’arrière, frustrant (enrageant!) ainsi deux conductrices  trouvant qu’un quart d’heure pour aller gazer, c’est déjà assez long sans qu’un malotru vienne se faufiler! Tout le monde est estomaqué par l’audace du Gros Caddie. Je vois les yeux des gens s’écarquiller de surprise aux 4 autres pompes occupées tandis qu’un klaxon rageur se fait entendre dans la file derrière moi.

Je regarde dans la voiture et mon âme d’héroïne sursaute! Un aîné! Un aîné à convertir, à évangéliser aux règles de bonne vie en société! Ne faisant ni une ni deux, je sors de mon bazou et vais tapoter la vitre (encore montée, il l’a lui l’air climatisé!) de mon futur élève.

Farah-Facettes (extrêmement polie, mes parents m’ont bien élevée, MOI!) : « Monsieur, je suis désolée de vous déranger mais il faudrait tasser votre voiture parce que vous venez de passer devant toute la file et ça fait longtemps qu’on attends…

Gros Caddie (me regardant d’un air de défi) : « Ben c’est ça, vous attendrez, j’ai assez attendu dans ma vie moi, astheur c’est à votre tour! »

Farah-Facettes (estomaquée par l’arrogance du bonhomme) : « Mais monsieur, c’est pas une raison pour ne pas respecter les autres, il faut vraiment que vous tassiez votre voiture maintenant, sinon c’est vraiment pas juste! »

Gros Caddie (se détournant pour prendre son portefeuille) : « Retourne donc dans ton char, maudite criss de folle pis prends ton mal en patience ! ».

Farah-Facettes (avec un air de pitié et de compassion dégoulinant, Cheesy au maximum) : « Monsieur, je suis polie avec vous moi, vous n’avez pas à être impoli. J’aimerais que vous vous excusiez de m’avoir insulté (puis, devant son mutisme borné) : Ahhh… Ok, là je comprends, à l’âge que vous avez, ça doit vraiment faire longtemps que votre pauvre maman est décédée, elle n’est donc plus là pour vous montrer les bonnes manières! Ok, bien merci de m’avoir donné un exemple à servir à mes enfants quand nous parlerons du manque de savoir-vivre de certains ADULTES. Bonne journée! Et encore merci! »

Hé bien, croyez-le ou non mais le bonhomme n’a pas bougé son auto… Mais tout le monde sous la marquise de la station-service a applaudi quand je suis retournée, d’un pas triomphant, vers le Bazou@Facettes. La préposée au paiement s’est même dit impressionnée par mon tact (!) et par le fait que j’avais osé (sacrilège!) faire la morale à un aîné! Je lui ai répondu que c’était pas parce que les Gros Caddie de ce monde ont plus de millage que les petites zézettes comme nous qu’ils devaient obligatoirement occuper les deux voies sur l’autoroute de la vie…

3ème mission (hier, Banlieue éloignée) : Nous sommes dans le stationnement d’un magasin grande-surface. Une dame assez âgée peine à ranger son panier sur le terre-plein juste à côté de son auto (plutôt que d’aller le porter à l’endroit prévu, le « rack à panier », situé à quelques mètres derrière son véhicule). Mon sang d’héroïne n’a fait qu’un tour; la vieille peau! La mautadite! Plutôt que de faire 3 pas de plus, elle aime mieux forcer comme une sauterelle (elle avait plus l’air de ça que d’un bœuf!) tout en regardant autour pour voir si personne ne la voie méfaire son méfait! Alors qu’elle retourne tranquillement vers sa voiture, sifflant presque sa ridicule petite victoire sur le système, je bondis, m’empare dudit carrosse et, en me dirigeant vers le BON endroit où le ranger, je lance assez fort pour qu’elle m’entende : « Laissez-faire madame, on va y aller le ranger votre panier, ça va nous faire plaisir! »

Et c’est en revenant vers nos voitures que je l’ai aperçue; elle me regardait de la fenêtre de sa voiture et là j’ai senti une énorme pulsion pédagogique m’envahir et je n’ai pu m’empêcher de me diriger vers cette figure qui me narguait (non, elle n’était pas restée pour me remercier de l’avoir aidée, son visage n’exprimait vraiment pas la reconnaissance!)

Farah-Facettes : « Vous madame, vous m’avez tout l’air de quelqu’un qui dit continuellement comment les jeunes ne savent pas vivre… est-ce que je me trompe? »

La sauterelle :  « bahh…. »

Farah-Facettes : « J’aimerais juste vous faire remarquer que le civisme, c’est à tout âge que ça se passe. Notre société se porterait beaucoup mieux si chacun y mettait un peu plus du sien, vous ne pensez pas? Sur ce, je vous souhaite une excellente journée.»

La sauterelle : « bahhh… »

Bon je sais, à la lumière de ces trois histoires, vous allez dire que je suis :

a)     complètement folle

b)     quelqu’un qui cherche le trouble

Mais moi je vous répondrai que je vois mes « missions » comme de petits gestes qui, un jour, allumeront peut-être la conscience sociale de quelques brebis égarées. Pis en plus, c’est tellement bon pour le moral! Je ne garde pas de frustrations en dedans de moi pis en plus, je contribue à rendre le monde dans lequel nous vivons ensemble un peu plus supportable…

Non, non, ne me dites pas merci mais s’il vous plaît, si un jour vous voyez une petite frisée avec des leggings rouges et arborant un t-shirt avec ce sigle

Dentier

Applaudissez! Ça va m’encourager…

Pssst! Je vous mets au défi d’essayer vous aussi! (Aînés, jeunes ados à l’air pas trop violent, gros morrons dans le métro, etc.). Vous verrez, ça soulage et en plus,  ça encourage pour l’avenir!

Re-Pssst! Je mets toute la faute de cette déviation sur le dos de tous les aînés qui font ou qui ont fait partie de ma vie... c'était à eux de ne pas mettre la barre trop haute!

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22 juillet 2007

Voyage au pays des odeurs

Je suis retournée encore une fois dans cette partie du Québec qui m’a vu grandir.

Cette région, je ne l’ai jamais habitée, mais presque toute ma famille (rapprochée et éloignée) l’habite.

C’est le seul coin de mon pays qui soit immuable, qui, malgré ses transformations, ne change pas. C’est mon port d’ancrage, ma stabilité, mon réconfort. Je m’y sens familière tout en y étant une parfaite étrangère. Je connais ses histoires d’horreurs, ses coups d’éclats et jamais je n’en fait partie, autrement que comme spectatrice, observatrice des vies qui s’y déroulent et s’entrechoquent. C’est le village où mes grands-parents ont décidé de s’installer, où mes parents se sont rencontrés, où mes oncles ont prospérés. Ce n’est pas un beau village, il n’a rien d’une carte postale, mais la seule vue de la pancarte sur l’autoroute annonçant son nom me fait éclater de rire. La campagne qui l’entoure a résonnée des mes cris d’enfant et ses champs portent encore les traces de mes pas.

Je ne l’ai jamais habitée mais pourtant cette patrie m’habite, c’est toute mon enfance qui se blottit au creux de ses vallons.

J’y suis donc retournée. Et j’ai retrouvé les odeurs de mon enfance, celles qui nous font palpiter les narines et inspirer profondément, à la recherche des souvenirs qui s’y cachent.

Il y a tout d’abord eu, sur l’autoroute, l’odeur profonde de la verdure. Cette odeur lourde, mélange de terre noire et de fleurs sauvages, de sève et de soleil qui réchauffe les plantations. Le nez en l’air, je me suis repue de cette odeur capiteuse, pourtant fraîche et vivifiante comme une cascade d’eau claire, si différente de celle, plus humide et plus chargée, de la ville que nous venions de quitter, il y a une heure à peine.

Ensuite, il y a eu l’odeur d’after-shave sur la joue de mon père. Cette incomparable odeur qui, malgré les parfums qui passent, garde toujours une note boisée de chêne, semblable à celui qui la porte; solide comme le roc mais la tête toujours en mouvement, se balançant continuellement, semant ses fruits à tout vent. Fruits dont les écureuils qu’il accueille en son creux se nourrissent et qu’ils apprécient comme le plus grand des festins.

Quittant la demeure paternelle pour quelques heures, je me suis ensuite payé une escapade jusqu’au Sanctuaire de mon enfance. Je suis remonté jusqu’au Saint des Saints de mes souvenirs. En ce lieu où j’ai passé tant et tant de dimanches, avec les cousins et cousines à courir de bas en haut de la butte. En ce lieu où nos parents peinaient à combler la panse des pèlerins. En ce lieu où ma grand-mère, à coup de tapettes amoureuses sur les fesses et de tarte aux œufs, a gagné sa vie à l’eau (bénite) de son front. En ce lieu où nous nous sentions les rois du monde, en ce temps où le bout du monde était aussi loin que nos regards puissent se poser (c’est à dire de l’autre côté de la vallée verte et ocre que nous surplombions) j’ai retrouvé des odeurs que j’avais oubliées. Odeur de cire fondue, odeur de cire à bois qui s’allient pour me rappeler que jadis - moi la valkyrie n’ayant peur de rien, suivant les garçons dans leurs jeux stupides autant que les filles dans leur monde imaginaire, les jambes couvertes de bleus, les mains noires de terre - ma seule préoccupation était de savoir si Grand-Maman m’avait gardé des « peanuts » pour que je puisse nourrir les écureuils.

Et de voir mes garçons à moi, sortir des sentiers parfaitement tracés du chemin de croix pour aller explorer les choses merveilleuses qui les attendaient autour m’a fait retrouver une parcelle de cette enfance envolée. Leurs pas confiants sur la mousse verte, le tapis de feuilles mortes et d’épines de pin m’a rappelé comment il est facile parfois de s’écarter de la voie que d’autres ont tracé d’avance et que les découvertes que l’on peut y faire sont aussi merveilleuses et simples qu’un caillou tout rond et lisse comme un œuf, et qu’il suffit parfois de s’abandonner au rythme de nos pas et de faire confiance à nos pieds pour qu’ils nous guident à travers notre propre voie.

Puis est venue l’odeur de lavande. Celle qui pousse sur la terre patiemment retournée par ma Mouman. Celle qui parfume les gardes-robes de la suite royale qu’elle a aménagée avec amour (et un maudit gros budget!) pour nous, sans oublier personne. La lavande qu’elle a ajoutée au bain de ses petits-fils, afin de les faire relaxer avant qu’ils n’aillent s’endormir au creux de cette maison, toute faite de rideaux et de coussins, pensée expressément pour eux et leur imagination débordante, maison dédiée à accueillir leurs histoires inventées et celles que nous leur lisons le soir, blottis au creux de leurs petits bras.

Et finalement, comment oublier cette sublime odeur de zoeufs pourris, émanant de la première paire de fesses à laquelle j’ai changé des couches? Ces fesses, que j’ai vu grossir, s’allonger, et s’orner de poils noirs frisés? Les fesses du premier homme de ma vie, celles de TiFraire@Facettes qui ont exhalé durant tout notre séjour des remugles dignes des égouts de Calcutta, nous plongeant parfois, sa tendre moitié Doudoune@Facettes et moi, dans des nuages suffocants de pestilence anale. Même cette odeur a ravivé, par les fous rire incontrôlables qu’elle a provoqué, les souvenirs de ces innombrables soirées où, encore des jeunôts, TiFraire@Facettes et moi nous nous racontions des histoires drôles à faire s’esclaffer le plus ascète des pères Franciscain et où, étouffant nos rires derrières nos mains pour ne pas réveiller la maisonnée, nous refaisions le monde ou tout simplement les événements de la journée en l’agrémentant de notre imaginaire complètement tordu. Le moindre bruit corporel se transformait alors en point d’exclamation final à une nouvelle pseudo-théorie sur le genre humain du style : « pourquoi quand quelqu’un pète, on ne peut pas s’empêcher, même si on sait que ça va nécessairement puer, à renifler et à sentir avant de s’exclamer : Ouach! Mais-tu pues donc ben! ».

Oui, les odeurs font partie de nous, de nos souvenirs. Elles sont le sel qui parsème notre psyché et nos réactions face à celles-ci me rappellent toujours que dans le fond, nous sommes des mammifères qui retrouvent leur foyer par les arômes qu’il dégage, comme des empreintes laissées dans notre mémoire qui nous aident parfois à retrouver notre chemin vers qui nous sommes vraiment.

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17 juillet 2007

La survenante

Dans un monde noir de mots
Je cherche un mot noir de monde
Mais y’a pas de mots
Juste un lait qui monte
Inonde mon 8½ par 11

- Loco Locass – « La Survenante » sur Amour Oral (2004)

Depuis que je suis jeune, de rédactions pédagogiques (non, je ne suis pas un autre de ces profs en congé de maternité qui pullulent sur la blogoshpère mais je parle ici des compositions devant être rendues dans le cadre de mes études), en rapports professionnels (bon, ici je ne parle pas de « rapports humains » rapprochés genre « on se tape le petit stagiaire aux archives »  mais bien de Comptes-Rendus divers devant être effectués dans le cadre de…), depuis que je suis jeune donc, je sens un besoin d’écrire…

Un seul hic… Je n’ai absolument aucune imagination!

Bon d’accord, je me reconnais un certain talent pour raconter des histoires, pour exagérer des souvenirs, pour conter des bonnes jokes de pet mais j’ai absolument besoin d’un canevas, d’un guide.

Ce qui veut dire que je suis absolument incapable d’écrire de la poésie. Ma psy dirait que j’ai de la difficulté à exprimer mes émotions, moi je vous dis que c’est strictement parce que je manque d’inspiration… Je veux bien écrire des poèmes, mais sur quoi? Les fleurs? Les arbres? Les ti-zoizeaux? Les enfants? Ah oui! Les enfants, ça je connais :

Un enfant
Ça peut être tannant
Un petit
Ça fait pipi au lit
Un marmot
Ça peut vous rendre barjot
Votre progéniture
Ça a créé des vergetures

Bon… vous voyez, c’est pas vraiment ma tasse de thé!

« Mais Farah! Pourquoi ce long préambule? » me direz-vous… Bien tout simplement parce que je m’en vais pour 3 jours chez mes parents faire le plein de sujets, de câlins, de fous rire et de souvenirs et que je voulais absolument vous pondre un LOOOONNNGGG billet intelligent avant de vous quitter brièvement mais voilà! L’imagination me manque… (et le temps aussi! Il est tard et je n’ai pas encore préparé les bagages des petits@facettes).

Alors donc, ce long préambule est une forme d’excuse pour la petitesse, pour la maigreur de ce billet… En fait, le premier sujet est presque directement un « copier/coller » d’un commentaire que j’ai laissé sur le site de P’tit Rien qui demandait si nous avions déjà volé quelque chose (désolée la p’tite, toi tu l’as déjà lu!) et le deuxième est court, mais il m’a vraiment fait rire… Alors pardonnez-moi d’avance mais coudonc! C’est les vacances alors soyez indulgents.

Aujourd’hui, j’ai une confession à vous faire…

Je vole à presque tous les jours!

Oui, oui, je sais, c’est trrrèèèsss vilain de voler (et je prie tous les jours que mes enfants ne tombent pas par hasard sur mon blogue, afin qu’ils ne découvrent pas tous les autres défauts que je confesse ici et que j’essaie qu’ils n’aient pas…) mais c’est plus fort que moi. Ça a commencé quand j’étais très jeune et maintenant, c’est comme une pulsion que je ne peux pas refouler. Mon esprit dit non, mais mes mains volettent et volent allègrement, sans que je ne puisse rien faire pour les empêcher. C’est devenu une seconde nature qui s’exprime à tout moment et avec tous.

En effet :

Je vole mes collègues de bureaux (dès qu'ils ont le dos tourné, hop!)

Je vole mes ami(e)s, à leurs nez et barbes (ben surtout mes amis, mes amies elles n'ont généralement pas de barbe)

Je vole mes frères et sœurs qui, grâce à leur amour inconditionnel, ou tout simplement par habitude, font semblant de n’avoir rien vu quand ils me prennent la main « dedans ».

Je vole mon époux. S’il a le malheur de me tourner le dos, alors je m’en donne à coeur joie et je lui chipe à peu près tout ce que je peux.

Oui, oui, je sais, je suis incroyable mais tenez-vous bien: JE VOLE MÊME MES ENFANTS! Mais de toute façon me dis-je dans ces moments-là, mes enfants nagent dans l’abondance donc ce n’est pas un petit « emprunt » qui les privera et les fera mourir de faim!

Aidez-moi chers lecteurs, acceptez la confession de la plus grande pique-assiette que la terre ait jamais portée! C’est une indécrottable cleptomane de la petite frite qui dépasse, du cornichon dédaigneusement rejeté, un véritable sac Glad en talons hauts qui vous crie son désespoir! Soutenez-moi!

J’ai déjà pensé à aller en cure de désintox. Mais seulement le fait de penser devoir passer 3 semaines à regarder des assiettes pleines ne m'appartenant pas et me retenir de