100 facettes... sans façons!

Combien de personnalité(s) peut-on avoir? Drôleries et coups de gueule d’une femme-de-carrière-supermaman-bombe-à-ses-heures-tentativement-comique-qui-rêve-de-réussir-sa-vie-en-étant-heureuse…ou serait-ce le contraire? Une tentative-de-femme-de-carrière-qu

10 juillet 2007

Quand le Farahtionnel se déchaîne…

Je ne sais ce qui se passe avec le Farahtionnel-Aîné ces temps-ci mais son humour et sa personnalité changent grandement!

C’est que ça vieillit ces petites bêtes là et on sent maintenant qu’il a vraiment pris son aplomb et qu’il a définitivement absorbé le meilleur de ses deux parents, c’est-à-dire l’humour pince-sans-rire de son Farahbuleux-Pepa et le tempérament de clown de sa non moins Farahsentionnelle-mouman…

De l’humour « pipi-caca-pouêt », il a passé par une phase rodage (genre de Vieux Clocher de Magog) où il « testait » son humour avec plus ou moins de succès…

Mais là, on peut dire qu’il est au sommet de son art et il se dirige allègrement vers le sarcasme fin, l’humour noir. C’est le genre qui a toujours une petite réplique assassine, il met de plus en plus son grain de sel dans toutes les conversations (et pas juste pour dire – en psychologie infantile pas du tout subtile : Regardez-moi! Je suis là! Youhhhou!) mais pour vraiment ajouter sa petite phrase/blague, pleine de logique ce qui me donne de plus en plus l’impression, je vous le dit, je le sens, QU’IL ME NIAISE!!!

Premier exemple? Un soir banal de semaine, mon Farahbuleux-Mari est parti avec un ami au Festival de Jazz. Mouman est donc allé récupérer l’Aîné à son camp de concentration, subventionné en partie (toute petite partie) par la ville (mes taxes municipales) et en grosse (TRES GROSSE) partie par mon minuscule portefeuille – de même que le Facétieux Cadet dans son parc à bébés.

Naturellement, je suis dans le jus car :

1-     Je n’ai rien sorti pour souper (L’advanced planning, c’est pas mon fort);

2-     Je n’ai pas d’argent pour appeler une pizza (la négociation salariale non plus);

3-     Le facétieux a l’air en répétition générale pour le méga-concours de l’année : Comment ça prend de Facéties pour faire pogner les nerfs à sa Farah-maman

Farahtionnel-Aîné : « Maman! »

Farah-maman : « Quoi mon minou.?.. Hey Facétieux, je t’ai déjà dit que se mettre une paille dans le nez n’est pas la réaction attendue quand je te demande de « finir ton lait »!

Farahtionnel-Aîné : « Maaamann??? »

Farah-maman : « Qu’est-ce qu’il y a mon Farahtionnel adoré? Facétieux! Descends de là tout de suite… puis non! Tu ne peux pas avoir de biscuits au chocolat pour dessert, des plans pour que tu fasses 3 fois le tour du bloc en chantant et en mimant  « She’s a maniac » comme dans Flashdance! »

Farahtionnel-Aîné : « Maman??? Tsé le jus d’un ballon? »

Farah-maman (ouvrant la porte-patio d’une main, pendant que de l’autre elle rattrape le foutu verre de lait qu’une paille -tiens donc!- malencontreusement accrochée du coude allait faire tomber) : « Oui Facétieux, tu peux aller te défouler sautiller sur LE trampoline… Hein mon Farahtionnel? Le jus d’un ballon??? De quoi tu parles ??? C’est quoi ça le jus d’un ballon? »

Farahtionnel-Aîné (non plus l’index en l’air comme auparavant, mais les yeux mi-clos, la tête légèrement vers l’arrière, ménageant son effet et savourant d’avance la réaction de son auditoire) : « Ben… de l’air c’t’affaire! »

Moi : ???

Lui :….

Moi : de que… ?… ?

Lui (sourire narquois – à son âge, franchement!): hé! hé! hé!

Moi : pffffffffffffffffff!

Un autre exemple qui tend à démontrer que son œil de philosophe en herbe s’est développé juste pour nous prouver à quel point nous sommes cons nous les adultes?

On est (encore une fois) en auto, les joies de la banlieue éloignée! Juste aller faire « une petite commission » ne peut pas prendre moins de 34 minutes – en auto, faut-il le rappeler! Entre autres avantages :

1-Ça aiguise le sens de la planification : ne pas oublier d’aller à l’épicerie quand on passe devant à notre sortie parce qu’après, il est (bien) trop tard!

2-Ça aiguise aussi la mémoire – une fois à l’épicerie, ne rien oublier parce que sinon retourner à l’épicerie se transforme en « c’t’à ton tour d’aller à l’épicerie, chapeau-pointu! » « Même pas! C’est moi qui y suis retourné la dernière fois » « Fuck off! je viens de me taper… » …  et ajouter ici n’importe quelle scène de ménage, pourvu qu’elle se termine avec du make-up sex, j’aime ça les Happy End!

Farahtionnel-Aîné (regard analytique, pénétrant, presque docte): « Maman, tu sais moi je suis vraiment content de ne pas être une fille pour deux raisons »

Farah-maman : « Ah oui mon ti-loup? Et c’est quoi la première? »

Farahtionnel-Ainé : « Ben la première c’est, tu sais, quand les mamans il faut qu’elles fassent sortir les bébés de leurs ventres…. Aïe, aïe, aïe, ça ne doit pas faire du bien! »

Farah-maman (rassurante mais surtout impressionnée de l’empathie de son Aîné) : «  C’est vrai que ce n’est pas ce qu’il y a de plus agréable mais ça vaut vraiment la peine tu sais »

Tandis que Farah-la-Femme se dit en elle-même : « Ben oui, c’est sûr que c’est toujours agréable de partager son corps en entier pendant 10 mois avec un petit Allien qui commence par te donner mal au cœur, pour ensuite t’enlever tout ton énergie, pour ensuite faire disparaître ta libido, pour la faire réapparaître juste au moment où tu es tellement grosse que même ta libido ne veut plus de toi.

Colocataire un tantinet encombrant qui, quand il commence à trouver que le logement est trop petit, à la place de « prendre son trou », s’étire les jambes jusque dans tes côtes, te faisant un point « de dessous de sein » constant qui t’empêche de respirer à ton goût et qui, quand finalement décide de le prendre son satané trou, le fait tête première, en fonçant comme un taureau, déchirant tout sur son passage (pas assez large).

C’est vrai que ça en vaut vraiment la peine quand, après que le bébé soit sorti « du ventre », l’interne, en training spécial : l’art faire des points à une jeune accouchée,  pique une des petites « lacérations » (à croire qu’Allien sort toutes griffes dehors pour être sûr que ce que la tête n’a pas réussi à déchirer « en bas », les ongles le lacéreront « en haut ») située tout près de ton « point névralgique que ça fait mal bâtard quand on y touche trop directement donc imaginez avec une aiguille!!! » et qui, sur les conseils du médecin (le vrai), ressort son aiguille et pique « juste un peu plus à gauche! Non! Pas là! Juste un peu plus à droite! Oups, plus bas! Voilààà, juste lààà! Bravoooo! Attaque-toi aux autres maintenant : Pique! Non! Pas là, plus en bas…voooilllàààà »

Farah-maman (avec un frisson) : « Et la deuxième raison qui fait que tu est content d’être un garçon (qui ne sera jamais menstrué maudit chanceux de câââline que c’est donc pas agréable d’être pogné avec ça tous les obstineux de mois que je suis plus capable de voir mon menton envahi de boutons EN MÊME TEMPS que mon humeur devient massacrante…et bla bla bla) mon Farah-tionnel Aîné d’amour que j’aime tant? »

Farahtionnel-Aîné (encore avec ses mautadits petits yeux mi-clos et sa tête légèrement penchée vers l’arrière qui m’annoncent que je vais y goûter!): « Bien tu sais, je ne serai jamais obligé de m’épiler les jambes à la cire… Ouch! C’est vraiment bizarre (ici il veut dire « con » mais il est trop bien élevé !) de se faire mal de même juste pour des poils!»

Farah-maman (nullement surprise, elle le savait qu’elle y goûterait) : « ah ah ah!! C’est vrai que c’est un peu stupide! »

Farah-la-Femme (hargneuse) : « C’est ça maudite épaisse, rit! C’est pas toi qui es obligé d’endurer toutes les mautadites tortures que nous nous imposons pour suivre le dicton « faut souffrir pour être belle! »!

La cire, le peroxyde qui pique le fond de la tête sur les mèches, la pince à épiler pour les sourcils, les aiguilles (encore!) pour l’électrocution du duvet de la lèvre supérieure (parce que leurre-toi pas, l’électrolyse c’est littéralement l’électrocution de pauvres petits poils follets qui n’ont jamais rien demandé à personne), les brassières à cerceaux qui font les petits et les moyens lolos hauts mais qui te font dire OOOHHH quand tu les enlèves, les talons hauts qui nous font de beaux mollets mais qui font pousser des oignons (oui! Oui! Des oignons!) sur les pieds, de la râpe à corne en métal pour justement avoir de beaux petits pieds sans oignons et que dire de cette nouvelle crème pour arrêter la cellulite que tu dois faire rentrer avec un marteau à viande afin d’atténuer l’apparence de la peau d’orange, et la microdermabrasion bla bla bla 

Farah-maman (à voix haute) : « La ferme! »

Farahtionnel-Aîné (un brin surpris, mais toujours un brin baveux) : « Quoi maman? T’aime pas ça qu’on parle des choses qui font mal? »

Farah-maman : « Non mon chéri, excuse-moi, j’aime juste pas me rappeler (et me faire rappeler) que je suis moi-même une femme! »

Mais tout de même, je m’en voudrais de ne dépeindre que le négatif (ou l’aspect « miroir grossissant 15x direct dans la face un lendemain de vieille ») car voici tout de même deux merveilleux avantages de cette logique à toute épreuve, de cette personnalité merveilleusement sarcastique qui se dessine :

Vendredi dernier, c’était soirée Ciné-Parc! Oui, je sais, la qualité d’image n’est pas bonne, y’a des maringouins, c'est pas le genre de culture que je veux donner à mes enfants et c’est particulièrement inconfortable mais ça fait partie des (sacrifices) activités « normales » d’une famille « normale » donc…

Première épreuve : On doit se « taper » Transformers, c’est le seul film vaguement « enfant » qui est offert au Ciné-Parc de mon coin (bon à 34 minutes de chez moi mais pour une fille de banlieue-éloignée, c’est relativement peu éloigné!)

Avantage #1 : Shrek 3 est en deuxième partie (et moi et le Farahbuleux-Mari sommes les seuls de la famille à ne pas l’avoir vu… j’haïs quand mes enfants sont en avance sur moi pour la culture cinématographique! Ça fait des semaines qu’ils se font des répliques et qu’ils rigolent… ça suffisait!)

Deuxième épreuve : Il a effectivement fallu l’écouter ce foutu film! Au risque de passer pour une pêteuse de broue, les films d’action amaricains ne sont pas, mais alors là VRAIMENT pas ma tasse de thé! King Kong, Spiderman et tutti quanti me laissent parfaitement indifférente! En fait non, ils ne me laissent vraiment pas indifférente puisque quand le hasard (ou la mauvaise fortune) fait que je dois en écouter un, je suis intarissable! Je bitch avant sur ce que le film sera (trop violent, trop mince, trop de muscles, de silicone, d’invraisemblances) et sur ce qu’il ne sera pas (pas assez de profondeur, de dialogues bien écrits, bref…)

Avantage #2a : Nous avons dû y aller à deux autos puisque le Facétieux (c’était écrit dans le ciel! Y’é bien trop – chialeux – jeune encore!) n’allait pas supporter tout un film (« c’est même pas des bonshommes! ») et encore moins DEUX! et J’AI GAGNÉ LE TIRAGE AU SORT, faisant que j’étais assuré MOUA de voir Shrek 3 puisque le Farahtionnel allait sûrement tomber endormi, le menton (agrémenté d’un filet de bave) sur mon épaule…

Pour le coup, j’avais quand même amené un livre (et un énorme paquet de cochonneries) afin de me permettre de passer à travers l’épreuve Transformers…

Mais voilà, au trois-quarts du film, vous savez quand ça se met à pêter de partout, qu’on est même pas capable de distinguer une poubelle en fer blanc d’un robot tellement il y en a partout (vous n’avez pas besoin d’avoir vu les Transformers pour savoir… je n’ai qu’à dire Film D’action Amaricain et vous situez l’endroit du scénario où l’on se situe, n’est-ce pas?) voilà que je m’apperçois que mon Farahtionnel Aîné gigote de plus en plus… Intriguée, je l’observe, essayant de voir s’il a peur, s’il est sur le point de mouiller mon banc passager ou s’il essaie seulement de se trouver une position plus confortable quand LE MOMENT DE GRÂCE S’EST PRODUIT :

(À l’écran) Jeune pin-up actrice amaricaine tirant un robot capout à l’aide d’une énorme remorqueuse (volée) s’écrie, d’un ton désespéré : « FEU! FEU!… »

(Dans l’auto), Farahtionnel-Aîné, d’un ton blasé, désabusé, écoeuré, vraiment extrêmement sarcastique : « …ton ardeur nous réjouit!… »

Farah-maman (extatique – pointant du doigt son fiston chéri) : « Ah! Ah! Face de mépris! Avoues, avoues que toi non plus t’aime pas ça! »

Farahtionnel-Aîné (ses beaux yeux d’une belle couleur noisette mi-clos, sa jolie et ronde tête légèrement penchée vers l’arrière) : « mets-en, ça a aucun sens ce film là, on est même pas sûre que la poubelle va pas se transformer en robot »

OUI! OUI! J’ai maintenant un partenaire de bitching! Non monsieur, ne passe pas de la culture de masse à un Facettes qui veut! YES SIR! I’M GOING TO DIIZ SNEEZE LAND! C’est mon gars! Mon petit garçounnet à moua!

Pour la petite histoire, nous avons effectivement passé la demie-heure restante à bitcher sur tout ce que l’on pouvait trouver d’incongruités dans les Transformers et nous avons effectivement écouté Shrek 3 au grand complet tandis que le (pauvre) Farahbuleux et le (fatigué) Facétieux dormaient à poings fermés à la maison…

Avantage #2b : On est maintenant 3 à la maison à se raconter les bonnes jokes de l’ogre vert (mais on se garde une petite gêne, on ne le fait qu’en chuchotant et en rigolant derrière nos mains! Question de garder le tout intact pour notre Farahbuleux!) hihihihi!

Zut! Il est tard, faut vraiment que j’aille me coucher car mes « heures ouvrables » avant de me lever pour aller travailler demain sont douloureusement passées sous la barre du 6 (oui! Oui! SIX, avec la petite barre en dessous!) mais il  faut absolument que je vous conte la dernière phrase pleine de logique de mon plus vieux (après tout, je vous avais promis au moins deux avantages!)

Je lis présentement « Tuesdays with Morrie » de Mitch Albom qu’une collègue m’a passé….

Farahtionnel-Aîné : « Qu’est-ce que tu lis Maman? »

Farah-Maman : « Ah… un livre qui raconte l’histoire d’un vieux monsieur (Morrie) qui va mourir et d’un jeune qui va le visiter à tous les mardis (d’où le titre) »

Farahtionnel-Aîné : « Et est-ce que c’est bon ? »

Dieu qu’il est bien élevé ce garçon! Dieux bénisse les Farahbuleux-Pepas!

Farah-Maman : « Ouais, c’est intéressant dans le genre… Ça parle de la vie, de la mort, de la famille mais surtout du fait qu’il ne faut pas avoir peur de mourir »

Farahtionnel-Aîné (spontannément, sans les effets de yeux et de tête cette-fois) : «  Oui, mais faut surtout pas avoir peur de vivre, hein maman? »

Magique… Je ne peux rien ajouter de plus, sinon une citation du livre sus-mentionné :

« Whenever people ask me about having children or not having children, I never tell them what to do […] I simply say “There is no experience like having children”. That’s all. There is no substitute for it. You cannot do it with a friend. You cannot do it with a lover. If you want the experience of having complete responsibility for another human being, and to learn how to love and bond in the deepest way, then you should have children » 

Posté par Farah_Facettes à 00:14 - Facettes d'enfants - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


18 mai 2007

Fils de pub

Il y quelques années, on (je ne me souviens plus c’était qui, d’où l’utilisation du ON) a décidé d’interdire les annonces publicitaires s’adressant directement aux enfants. C’est fantastique puisque les experts s’entendent habituellement sur le fait que les cerveaux des enfants sont comme de vraies éponges. (Bon, moi être un enfant je serai insultée car une éponge au fond, c’est tout mou, plein de trous et habituellement gorgé d’eau! M’enfin…). Mais, car y’a toujours un MAIS, même quand une publicité (qu’elle soit télévisuelle, radiophonique ou via internet) ne s’adresse pas directement à eux ou ne concernent pas un produit qui pourraient potentiellement les intéresser, les enfants enregistrent!

Oh oui! Ils enregistrent tout!

Démonstration #1 (le domicile des Facettes, il y a 3 ans, dans le salon) : Prise d’une inspiration subite (normalement pas bon signe ça!), je décide qu’il est plus que temps d’élargir les horizons de mes merveilleux marmots : Farahtionnel-Aîné est alors âgé d’un sage 5 ans et Facétieux-Cadet gazouille et trottine ses « 2-ans-NON! » très affirmés.

Débarquant avec un plaisir sadique « Manie Broc-au-lit » du lecteur de DC (ou CD pour les bilingues), je sors pompeusement de ma discographie le chef-d’œuvre musical « The only classical CD you’ll ever need! », présenté par RCA Victor et en vente dans tous les Woolco, Woolworth, K-Mart, Home Hardware, Joe le Constructeur & al…

Farah-maman : « Les enfants, venez ici et ouvrez bien grandes vos oreilles, maman va vous faire écouter quelque chose de vraiment magique! »

Les petits choux s’installent donc bien sagement sur le divan (le coup de la magie, ça marche à tout coup!) et je fais une « Manon » de moi-même, pesant bien fort sur le piton :

Piste (ou Track pour les bilingues) #1  Vivaldi : Les quatre saisons - Printemps. Les enfants ont les yeux grands ouverts, attentifs à cette sonorité nouvelle et honnêtement, je jubile car ils semblent sincèrement apprécier, malgré le fait que, comme me le fait judicieusement remarquer Farahtionnel-Aîné, son petit index dans les airs (hé oui! déjà à 5 ans!) : « Ils ont oubliés de mettre les paroles! ».

Quelques explications plus tard, la Piste #2 Bach : Air on G string débute et j’explique à mes deux amours que c’est sur cet air que Farah-maman a descendu l’allée pour aller rejoindre leur géniteur adoré. Quelques fous rires plus tard (que j’essaie de ne pas prendre personnels), nous voilà tous les trois à imiter les pas solennels qu’affectent les jeunes mariées lors de leur moment de gloire. Yé! S’ils réussissent à s’exprimer physiquement, c’est qu’ils font plus qu’apprécier!

Le clavecin soutenu de la piste #3 Pachelbel : Canon nous transforme en véritables nobles de la cour! On danse, on fait toutes les simagrées appropriées, les gars me font même tournoyer!

À la piste #4 Beethoven : Symphonie no.5 – mouv.1, c’est la folie furieuse! Nous sommes maintenant de preux chevaliers, qui doivent aller « sssauver la belle princesssse du mésssant monsssieur! ». On galope, on court, on rit et moi je souris intérieurement de ma victoire. Mes fils seront de jeunes hommes ouverts d’esprit, cultivés, intéressés et intéressants! À cette ère où les chanteuses pop se consomment (et consomment! Parlez-en à Brittaney Spirit!) plus vite qu’un Big Mac extra sauce, c’est toute une victoire morale pour Farah-SUPERmaman!

Après avoir skippé les Pistes #5 et 6 (Debussy et Tchaikovsky), « ça ressemble trop à des berceuses » et « nooon ! pas aller dodoooo! » étant jugés comme des arguments plus que recevables, nous arrivons à la Piste #7 et…

Farahtionnel-Aîné et Facétieux-Cadet (dans un chœur troublant de synchronisme) : « TU – DEVRAIS – ALLER CHEZ JEAN-COUTU!!! TU – DEVRAIS – ALLER CHEZ JEAN-COUTUUU!!!! » Mozart : Eine kleine Nachtmusik – mouv. 1 

Farahtionnel-Aîné (seul cette fois) : «  Ouah Maman! Trop hot! On a la vraie chanson de Jean Coutu ici? Ennncoooorre!!! »

Échec cuisant. C’est qui la prétentieuse qui avait oublié le principe de base quand on a des enfants qui dit que « faut jamais, ô! grand jamais assumer de rien »?

Échec doublement cuisant puisque dans les jours qui ont suivi, les petits Facettes disaient à qui voulait bien les entendre que leur maman faisait de la vraie magie, puisqu’elle leur avait fait écouter la musique de Jean Coutu!

Démonstration #2 (le domicile des Facettes, le week-end dernier, dans la cuisine) : C’est soir de joie et d’allégresse chez les Facettes puisque Farah-maman a décidé d’accompagner le poulet rôti de patates frites maison! (pour ceux qui s’inquiètent de l’apport nutritif des repas servis aux jeunes québécois et pour me déculpabiliser – encore! – le tout était accompagné d’une assiette de crudités).

Facétieux-Cadet : « Regarde maman, mon sssuper gun que j’ai fait en Lego®* »

* ®=On est jamais trop prudents!

Farah-maman (dans un souci constant sauvegarder notre belle langue): «  Un fusil Facétieux, on dit un fusil… quoique tu puisses aussi dire un pistolet, mais il me semble que tu seras moins pris au sérieux! ».

Et de sortir de l’armoire le sac de pommes de terre. Le séjour prolongé de celui-ci dans le noir avait miraculeusement doté les tubercules en question d’excroissances étonnamment longues, aussi rebaptisées « pattes » par notre aimé Farahtionnel (ou germinations, pour le reste de la planète!)…

Et de m’entêter avec mon petit couteau à pétates (tu constates ici que la règle d’or familiale d’utilisation du bon mot à la bonne place ne s’applique pas toujours à moi!) à enlever la pelure molasse de ce qui ressemblait en fait plus à l’excroissance fripée et ratatinée d’un tuberculeux essoufflé qu’à une future frite…

C’est alors qu’une lumière s’est allumée dans le regard de mon cadet. Ouvrant le deuxième tiroir de la cuisine (vous savez, celui où tout le monde met ses gros ustensiles?), il y pêche quelque chose et me lance fièrement (avec en plus un accent « marketing » bien réel):

« Tiens maman! Prends-donc ton Willi Waller 2006, ça va aller bien mieux! »

Essayez donc d’expliquer à un fanatique des Têtes-à-claques âgé de 5 ans que « le bon mot à utiliser » dans cette circonstance aurait été ÉCONOME!

Raté, je vous le dis, c’est raté… Ramenez-vite les annonces publicitaires pour les enfants, ainsi nous les parents pourront au moins revoir les capsules de la « Vieille Dame » car elle, elle s’avait quoi faire…

EEEET VOOOUS ???

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09 mai 2007

Facettes d’enfants : Punch!

Tous les soirs, je vais récupérer mon plus vieux (aussi nommé le Farahtionnel ainé) au service de garde de sa merveilleuse école de banlieue. Nous profitons des 15 minutes dont nous disposons avant d’arriver à la garderie où nous allons récupérer le Facétieux cadet pour philosopher un peu (oui, oui, sans blague, on peut réellement « philosopher » avec un enfant de 8 ans! En fait, sans tomber dans les clichés psycho-pop, les enfants sont à mon humble avis les seuls et vrais philosophes puisque leur esprit est complètement libre, sans barrières et en pleine construction donc ouverts à toutes les possibilités.)

Nous reviendrons sur les philosophes en herbe mais toujours est-il que chaque soir, mon Farahtionnel ainé et moi philosophons sur la vie (en général), la mort (si particulière), l’histoire de l’humanité (et de l’inhumanité aussi!), les maladies et autres sujets aussi passionnants que divers (e.g. pourquoi Sagohan ne peut pas encore se transformer en Super Saiyan? Est-ce que les défenseurs Digata réussiront à combiner leurs pierres de pouvoir ce soir et autres préoccupations d’un garçon de huit ans)

Mais, depuis environ un mois, Farahtionnel ainé a ajouté un volet à notre quart d’heure philosophique : La minute « Rions un peu ». Tirées d’un livre du genre « 1001 blagues pour débutants ou comment faire pratiquer à vos parents leurs rires d’encouragement » qu’il consulte au sus-mentionné service de garde, il me rapporte quotidiennement  de façon quasi-religieuse des blagues du genre :

Farahtionnel ainé : « Maman, est-ce que tu connais le mot le plus long du dictionnaire? »

Farah Facette-maman (prenant un air concentré et très sérieux de celle qui n’a naturellement aucune idée du PUNCH final): « Est-ce que ce ne serait pas anticonstitutionnellement ? »

Farahtionnel ainé (d’un ton docte, l’index dans les airs): « Bien essayé mais tu es dans le champ – tiens donc? – c’est élastique, puisqu’on peut l’étirer tant qu’on veut! »

Farah Facette-maman (offrant une magnifique et convaincante prestation du « rire d’encouragement ») : « pouaaahhhahahhhh ahha hhha hhhaaaa ! Elle est bien bonne celle-là mon ti-loup ! Je ne l’avais jamais entendue ! (ben voyons!)… Dans quel livre prends-tu donc toutes ces bonnes blagues? (que maman puisse le brûler…) »

Naturellement, Facétieux cadet ayant été témoin à quelques reprises de la minute « Rions un peu » et imitant en tout son héros de grand frère décide lui aussi de se lancer dans une carrière hâtive d’humoriste et réclame à grands cris sa minute de gloire quotidienne (sûrement encouragé en cela par la démonstration exubérante et toujours soutenue de mon désormais à point « rire d’encouragement »). Malheureusement (ou heureusement!) Facétieux cadet n’a pas accès aux hautes sphères de la littérature burlesque puisque :

a – La bibliothèque de la garderie se concentre surtout sur l’étude des minéraux (Cailloux et tutti quanti…)

                        b – Facétieux cadet ne sait pas encore lire puisqu’il n’a que 5 ans!

Nous devons donc endurer (et ici le mot est faible croyez-moi!), les efforts désespérés du petit choux pour avoir sa minute de gloire. Cette minute se transformant toujours en 5 minutes de reprises en partie de la blague du Farahtionnel ainé, entremêlés de bout d’annonces de télétoon et n’ayant pas vraiment de début ni de fin, rendant difficile le placement du fameux « rire d’encouragement » :

Facétieux cadet : « c’est une fois un nélastique qui avait une banane dans l’oreille avec les deux grains de sable qui prenaient leurs zupers épées lasers pour tuer tous les méchants… »

Farahtionnel ainé & Farah Facette-maman : « pouaaahhhahahhhh ahha hhha hhhaaaa ! »

Facétieux cadet : « Aiiiyyyyeeeee, j’ai pas finiiiiiiii !!!! » (ah non?) « pis là les deux épées se sont tranformés en zupers Tranformeurs qui décident d’aller pêter dans les fleurs… » (ahh la phase anale!)

Farahtionnel ainé & Farah Facette-maman : « pouaaahhhahahhhh ???? »

Facétieux cadet : « Aiiiyyyyeeeee, j’ai pas finiiiiiiii J’ai diiiiIIt !!!! »

Je vous épargne le reste mais après deux semaines de ce régime, nos « rires d’encouragement » à mon aîné et moi ressemblaient plus à des bruits de ballounes qui se dé-soufflent qu’au son guilleret attendu. J’ai donc décidé de mettre mes culottes de Farah Facette-diplomate et j’ai essayé d’expliquer à ce cher petit humoriste que ses blagues manquaient peut-être d’un début, d’une fin et, chose importante s’il en est une en humour : DE PUNCH!

Farah Facette- diplomate: « Tu comprends mon amour, il faut TOUJOURS que toutes tes blagues aient du punch ! Quand tu penses blagues, pense PUNCH ! »

Le petit amour me regardait avec les yeux grands comme des soucoupes puis, tout à coup une lumière s’est allumée dans ses yeux…Et le lendemain :

Facétieux cadet : « c’est une fois un nélastique AVEC DU PUNCH qui avait une banane dans l’oreille À CAUSE DU PUNCH. Les deux grains de sable prenaient leurs zupers épées lasers PIS LE PUNCH leur disait de tuer les méchants… »

Farah Facette- ébahie: « pouaaah ???»

Tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat.
- Eugène Ionesco (1959)

Parfait exemple d’un syllogisme dans la plus pure tradition grecque! Qui n’était pas d’accord  avec moi quand j’ai dit que les enfants étaient de véritables philosophes?

Posté par Farah_Facettes à 13:59 - Facettes d'enfants - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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