23 septembre 2008
De la différence
De retour d’un superbe séjour professionnel de deux jours dans notre capitale nationale, Toronto (quoi? Toronto n’est PAS la capitale nationale? Ah bon… pourtant, les grands événements culturels? Les quartiers trendy? Les festivals? La bourse? Le cinéma? Les grandes décisions financières? Les multiples sièges sociaux déménagés? C’est pas dans l’intérêt de la capitale nationale ça? Re-Ah bon…parce que je me disais…). De retour donc de Toronto, je me dois, dans mon désir toujours constant de recherche de LA vérité de vous dévoiler un fait que j’ai pu observer :
On peut arrêter de vous faire accroire que le Québec et le Canada c’est bonnet-blanc, blanc-bonnet (ou que c’est « du pareil au même », ou encore que ça équivaut à « 4 trente sous pour une piastre », ou que c’est absolument « la même ‘sti d’marde »).
Non, ce n’est pas pareil.1
1. c’était ça LA vérité. Et pour vos références futures, observez bien que LA vérité est souvent en « gras » dans le texte
Premièrement, au Canada (ben, à Toronto en tous cas) il n’y a absolument aucune application concrète des deux langues officielles. Bien sûr, dans les lieux gouvernementaux et certains lieux publics, on pratique un très politiquement correct affichage bilingue. Mais du « parlage », que nenni! Bon, certains me diront qu’à Saint-Hypolite-de-la-meumeu, on ne pratique pas non plus le « speaking » mais comparons des pommes avec des pommes voulez-vous? Dans n’importe quelle grande ville québécoise, vous réussirez à vous faire servir un « Chicken Burger & French Fries ». Mais à Toronto, qui n’est pourtant pas si loin du village d’irréductibles que nous sommes, je n’oserais certainement pas demander « deux roteux pis une patate ».
Un exemple plus frappant? Si je me promène au centre-ville de Montréal en criant FUCK! FUCK! FUCK! à tue-tête, je vous jures qu’il ne se passera pas 3 minutes avant qu’un anglophone me regarde d’un air « my-god-she’s-so-indecent ».
Mais au Canada, je pourrais bien hurler PLOUNE! (une ploune, pour ceux qui ne le savent pas, c’est la jonction de deux mots assez vulgaires désignant une certaine partie de l’anatomie féminine – mais doit-on aller dans autant d’explications chers lecteurs? Ah oui? Vraiment?). Hurler donc PLOUNE jusqu’à plus-soif (ben là, ça donne soif hurler!) et je jures que rien ne se passera. Mais quand je dis rien, c’est RIEN (un autre signe de vérité : la capitalisation – ou l’utilisation de la majuscule en bon français - soyez-en avertis!).
Ce qui m’amène à mon deuxième point, les petits riens : Le centre-ville de notre capitale non officielle (Montréal) regorge toujours d’action. Les restos avec terrasses en été, la fin d’un match de hockey en hiver, les festivals, les bars et leur file d’attente, les fumeurs gelant aux devantures, il y a toujours du monde au centre-ville! Mais dans la capitale non officielle du Canada, passé 23h00, on ferme tout! Il n’y a pour ainsi dire plus RIEN! Et ce n’est pas une légende urbaine… Je l’ai vu de mes yeux vus! Personne dans les rues, les restos sont presque déjà vides et ceux qui ne le sont pas affichent une serveuse baillant aux corneilles juste à côté du menu du jour! Aller souper à 21h00 passe pour de la débauche!
Deux gentils ontariens rencontrés le lendemain de mon arrivée m'ont demandé si j’avais fêté fort la veille, pour ma première nuit à Toronto. Devant mon air dubitatif et suivant la précision que je venais de Montréal2, ils se sont regardés d’un air entendu et ont convenu que peut importe ce que j’avais pu faire, ce n’était certainement pas aussi plaisant ni aussi « wild » qu’à Montréal, qui, toujours selon ces deux gentils ontariens, est la « nicest place to go out for supper or a couple of drinks in the entire canada ». Mes deux gentils ontariens étaient gardes du corps d’un de nos chefs de parti fédéral présentement en tournée « coast-to-coast ». Eux ils en ont vu des villes! C’est donc que leur opinion compte, non?
2. Sérieusement, personne ne peut jamais situer avec exactitude la « banlieue éloignée » où les Facettes ont élu domicile. Je trouve donc toujours plus simple d’arrondir le lieu d’où je viens au plus petit dénominateur compréhensible selon l’interlocuteur: Au Canada, je viens de Montréal. Aux États-Unis, du Canada-tsé-the-big-country-with-a-lot-of-snow-just-north-of-the-end-of-your-world. En France, je viens du Québec. À Londres, de just-a-little-bit-north-west-of-New-York.
Finalement, il y a l’accueil. Quand nous avons des collègues d’autre provinces ou d’autres pays qui viennent nous visiter au sein de notre compagnie, nous sommes gentils, accueillants, nous leurs organisons des soupers ou à tout le moins, leur suggérons des points d’intérêts à découvrir, etc. Là-bas, la deuxième personne à qui Mauricio, mon principal point de contact à Toronto, m’a présenté n’a rien trouvé de mieux à dire que :
Super nouveau collègue ontarien (à Farah) : « Well, well… Is it your first time to Canada Ms. Facette? »
Farah: «… ?... (yeux exhorbités, et pas parce que je ne comprends pas l’anglais)… Huh… hem… »
Maurcio : « Hey new ontarian colleague, that is not very nice for our friend who just traveled all the way here »
Super nouveau collègue ontarien (mais là, franchement fendant): « What? What’s the matter? You know, it’s exactly the way THEY think in Québec. Like THEY are absolutely not part of Canada ».
Non mais! Est-ce qu’il venait juste d’assumer que parce que je viens du Québec, que je suis nécessairement une séparatiste qui ne considère pas (malgré les clairs et gentils messages d’accueil envoyés par les canadiens ces dernières années, genre Meech et Charlottetown – l’italique peut représenter l’ironie, cher lecteur, tiens-toi le pour dit!) faire partie intégrante du « plusss grand meilleur pays du monde »? Et est-ce qu’il vient juste de parler de moi, en face de moi, en utilisant deux fois « THEY » comme si j’étais une bibitte qui ne mérite même pas qu’on s’adresse directement à elle alors qu’on vient passablement de l’insulter? Ok d’abord, je vais devenir séparatiste! (on se souvient du rôle de l’italique hein?)
Et cela, c’est sans parler des collègues féminines, qui me regardaient littéralement, et ce malgré mon mandat très clair « d’observatrice », comme si j’étais là pour leur voler leurs maris ou encore pire, leurs jobs. Comme si j’allais me sauver avec leurs enfants sous le bras, un soir de pleine lune, bien assise sur mon balai-volant, en ricanant et en me frottant la verrue. Je le sais que notre réputation de femme au tempérament latin nous précède mais franchement! Ce n’est pas parce qu’on est moyennement cute (comme moi) que nous sommes toutes des salopes. Ce n’est pas parce qu’une fille est gentille de façon tout à fait gratuite (mais oui, j’suis encore capable vous savez) qu’il faut lui faire les gros yeux. Vous pouvez être aussi gentilles en retour, mesdames les ontariennes! Mais juste pour les faire mentir, je pense que je vais devenir une vraie dévergondée!
Bref, ma visite au Canada m’a laissé sur ma faim3…
3. Note à mes amis anglophones : pour vous ce billet se termine avec le mot FAIM ci-dessus (wow! Pas pire celle-là hein? Est-ce que ça paraît que mon Farah-tionnel aîné révise ses homonymes ces temps-ci?). Ne continuez donc votre lecture sous aucun prétexte.
Mais pour les autres, je vais quand même me permettre un autre gros juron politiquement très incorrect:
les canadiens-anglophones –nonobstant leur province d’origine, incluant le Québec - sont plates.
Les faits :
- Quand ils boivent c’est sans aucune retenue; comme s’ils se retenaient trop longtemps et qu’un coup partis, ils ne peuvent plus s’arrêter. Et ça c’est pas moi qui le dit :
Et tout le monde sait que quelqu’un qui abuse de l’alcool façon épisodique seulement est habituellement plate et désagréable quand il est chaud, car il ne sait généralement pas où et comment canaliser ce trop-plein d’euphorie et il finit soit par a) crier à tue-tête au centre-ville de Toronto ou sur la rue Crescent ou b) à essayer de cruiser toutes les filles dans un rayon de 3 km en se croyant irrésistible et finit inévitablement par agir tel que mentionné au a) quand il se fait naturellement « revirer de bord »!
- Les seuls anglos que je connaissent qui sont un tant soient peu « amusants » ont beaucoup d’amis francos et ont donc été au fil du temps et en quelque sorte, contaminés. Un certain Darwin y faisant référence comme « l’évolution par transformation graduelle ».
- Il me semble observer que toutes mes collègues anglophones ont comme loisir le scrapbooking ou la fabrication de bijoux, c’est un signe ça non?
- Autre signe qui ne trompe pas? Depuis que la majorité du département au sein duquel je travaille est formé d’anglophones, les 5 à 7 FINISSENT VRAIMENT À 7 HEURES! Non mais! Où s’en va-t-on?
Bon assez fait d’amis partout, d’un océan à l’autre : We love you Canada! (pis moi, ça ne m’a pas coûté minimum 500 000$)
